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Le processus – du cadrage à la photo finale


En substance, c’est l’équivalant d’un travail argentique de labo, à la différence que la chambre (l’appareil photo) est le labo. Pas besoin de salle de développement plongée dans l’obscurité, pas de lumière rouge, pas d’agrandisseur : tout cela se passe dans cette grosse boîte en bois.

La prise d’une photo se déroule en quatre temps :
Le cadrage et la mise au point – Je viens composer mon image, cette dernière étant projetée sur la surface d’un verre dépoli, via l’objectif.
La prise photographique – Cela fait, je referme hermétiquement la boîte et passe ma main à travers un manchon, afin d’effectuer toutes les futures manipulations en interne, bien à l’abri de la lumière. Je viens ainsi récupérer un papier photosensible et le place contre le dépolis (là où l’image se projetait auparavant). Il est important que le sujet ne bouge pas durant ces étapes, sans quoi le cadrage initial sera faussé. J’effectue quelques menus réglages (ouverture, temps d’exposition, filtre), et déclenche : la photo est prise !
Le développement – Toujours avec ma main à l’intérieur, je viens récupérer le papier ainsi traumatisé par la lumière et le plonge dans un premier bac de révélateur. Cela aura pour effet de révéler l’image. Puis je plonge ce papier dans un second bac de fixateur, qui va… fixer l’image (vous suivez ?), tout processus chimique étant stoppé définitivement.
Le passage au positif – Je sors le papier de la boîte, et viens le rincer dans un bac d’eau. Puis laisse sécher le tout. La photo n’est pas totalement terminée : c’est en effet le négatif qui est obtenu (l’image est inversée). Il faut maintenant la passer en positif. Pour cela j’utilise un système de contacteuse, afin de faire passer la lumière à travers le négatif qui jouera un rôle de « pochoir », l’image venant se fixer sur un second papier par transparence.

Vous comprendrez donc que – contrairement à un photobooth contemporain ou à un téléphone portable – on ne peut pas mitrailler dans tous les sens et que la technique demande a minima une dizaine de minutes pour produire une seule image. Autre temps autre mœurs, nous sommes loin d’une logique de rendement ou d’un productivisme maladif : c’est tout l’art de réapprendre à prendre le temps et d’apprécier une photographie pour ce qu’elle est : le souvenir d’un instant fugace ou10 minutes d’une vie, fixées chimiquement sur un support papier.