Vous envisagez l’acquisition d’une chambre de rue de la série des Francs-Tireurs ?
Vous envisagez l’acquisition d’une chambre de rue de la série des Francs-Tireurs ? Fantastique, c’est le début d’une belle aventure à travers les routes et le temps ! Oui mais voilà, vous vous demandez à présent : « quel objectif vais-je pouvoir y adapter ? » Question de taille, puisque les chambres de la série sont conçues pour n’en accueillir qu’un seul sous la forme d’un folding (ou appareil photo à soufflet). Les annonces sont légion sur la toile, mais est-ce que n’importe quel folding fera l’affaire ? Vous vous en doutez, la réponse est bien évidemment non, hélas.
Caractéristiques principales idéales :
– Un objectif 135mm (ou supérieur : 140, 150…),
– Une ouverture max de f/4.5 (ou f/5.6, mais pas en-dessous),
– La présence d’un mode de prise de vue B (ou D sur les appareils allemands),
– Format des plaques : 9*12cm (ou supérieur, pour un maximum de 10*15cm),
– La possibilité de faire coulisser manuellement l’objectif sur ses rails,
– La présence d’une molette de mise au point.
– Un viseur sportif (viseur à cadre métallique) à l’avant, permettant d’y ficher un filtre jaune [optionnel, mais bien pratique].
Vous trouverez l’ensemble des explications et la présentation de ces critères dans cette courte vidéo :
Quelques précisions…
Bien évidemment, le bon état général (du soufflet, de la lentille, mais aussi de l’ensemble des mécanismes) est préconisé, car à quoi bon acheter du matériel si celui-ci est défaillant ?
De même, privilégiez plutôt des marques reconnues, ayant fait leurs preuves de par le passé : chambre Voigtländer, lentille Zeiss, obturateur Compur… des noms gages de qualité. Ne recherchez pas à l’affaire du siècle ni l’économie de bout de chandelle à tout prix…
Je ne suis pas assez riche pour acheter bon marché.
Pourquoi je vous dis tout cela ? Car vous vous apprêtez à investir une somme relativement conséquente dans l’achat d’une chambre personnelle, fabriquée artisanalement. Quel intérêt d’y adapter un caillou bringuebalant, plein de fuites et prêt à s’enrayer dans les mois qui suivent ?
Plus qu’une question de sous, une question eu temps… et du temps vous allez en donner : le temps d’apprivoiser la chambre, le temps de trouver les bons gestes et de développer une mémoire musculaire, le temps d’apprendre toute la chorégraphie pour enfin tirer des clichés dont vous serez fiers. Investir dans du matériel de mauvaise qualité, c’est risquer de créer l’erreur là où il ne devrait pas y en avoir. C’est également perdre du temps pour rattraper ces erreurs. C’est enfin risquer d’être déçu.
A l’inverse, ne pensez pas que parce qu’un folding est à 200€ il sera forcément mieux que celui à 150€. Le marché de l’occasion obéit à ses propres règles, ce sont les revendeurs qui font leur prix, parfois de manière aléatoire.
À quel prix ?
Pour un appareil aux caractéristiques décrites plus haut, j’estime (à titre personnel bien entendu) à 80€ le minimum et 200€ le maximum à investir. C’est une fourchette à titre indicatif, en aucun cas une réalité établie. Dans tous les cas, posez un maximum de questions aux vendeurs, même si l’annonce stipule que l’objectif est sein, redemandez l’information, pour avoir confirmation.
Privilégiez les annonces proches (en France ou en Europe) afin d’éviter de gonfler l’addition avec des frais de port gargantuesques (et la planète vous en remerciera) de même, cela évitera d’éventuels frais supplémentaires cachés (TVA, frais de douane). Enfin, si possible, privilégiez les plateformes ou vendeurs proposant une garantie et acceptant a minima les retours.
Conclusion
Vous vous lancez dans un très beau projet : celui de découvrir et de faire découvrir (ou redécouvrir) la photo d’antan et ainsi la faire perdurer, de créer un engouement – réel – autour du processus de production d’images, de resensibiliser les personnes que vous rencontrerez et avec lesquelles vous pourrez échanger, pour ainsi – soyons fous – allumer chez certains la même flamme qui s’est allumée lorsque, vous aussi, vous êtes tombés par hasard sur cette pratique, au détour d’une rue ombragée.
Raphaël

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